Le marché de l’immobilier en Tunisie : ce toit si cher !

Guide immobilier tunisie Invest Consulting vient d’organiser sa table ronde annuelle consacrée à la situation du marché immobilier en Tunisie.

Une rencontre qui s’inscrit dans le cadre des préparatifs de la 4ème édition du Guide de l’immobilier tunisien, publication annuelle d’Invest Consulting.

La thématique retenue s’est focalisée sur l’état des lieux du secteur, immobilier neuf ou second hand ou encore le nouveau paysage du financement immobilier en Tunisie (banques ou leasing).

Un débat riche et fructueux a porté sur le rôle de l’agent immobilier et sur l’ouverture du marché de l’immobilier à la clientèle étrangère.

L’immobilier en berne ?

Le marché de l’immobilier retrouverait-il des couleurs en ce début d’année ? Ou bien est-il au contraire toujours en en berne ? Comment se porte la vente dans l’ancien et dans le neuf ?

Partant de ces interrogations, M. Faouzi Ayadi, d’Invest Consulting, a introduit la rencontre en mettant en exergue les dispositifs destinés à faciliter l’accession à la propriété en Tunisie. Si certains éprouvent encore des difficultés à se voir accorder un crédit par leur banque, d’autres rencontrent moins de difficultés.

Lors de cette première séance, le débat a été orchestré par Maître Taoufik Chabchoub, avocat à la Cour de cassation.

Ce dernier a entamé les débats par l’état des lieux du secteur du BTP, un secteur stratégique de l’économie tunisienne qui a permis un accroissement substantiel du parc national de logements et la réhabilitation de l’habitat ancien.

Selon Maître Chabchoub, la Tunisie reste encore plein chantier, en pleine ébullition depuis l’avènement de nouveaux mégaprojets (le pays connaît en effet une véritable explosion en matière de construction). Ce constat n’est pas pour nous étonner. Ll’Etat a mis en place une politique d’intervention directe dans le secteur immobilier depuis quelques années. Cette politique vise à démocratiser l’accès des ménages à des logements en adéquation avec leurs besoins et leurs moyens financiers.

Pourquoi acheter le second hand ?

L’agent immobilier de Colombus, M. Mustapha Dhaoui, explique un regain d’activité dans les zones d’El Menazeh et les Manars.

Selon cet agent immobilier, l’augmentation des prix enregistrée dans ces régions reste logique. La demande a augmenté, avec une augmentation estimée entre 20% et 30% par rapport aux régions du Lac I et II.

Partant du principe que toutes les banques commerciales participent au financement de l’habitat en Tunisie, Ettiajri Bank, a par ailleurs fait une illustration remarquée quant à l’octroi de crédits pour l’achat d’un terrain destiné à la construction, l’acquisition d’un logement neuf ou ancien ou l’extension et l’aménagement d’une maison.

L’ouverture du marché tunisien aux investissements étrangers

Lors de la deuxième séance, un mini exposé a permis de décortiquer le métier de l’agent immobilier. Selon M. Chokri Keskes, président de la Chambre syndicale des Agents Immobiliers Tunisiens, le rôle de l’agent immobilier(*) s’affirme et joue aujourd’hui un rôle pivot dans les transactions qui portent sur les biens immobiliers (ventes et locations). Cet agent peut être une personne physique indépendante ou une entreprise (l’agence immobilière, qui emploie des négociateurs immobiliers). Les clients de l’agent immobilier le mandatent pour une mission bien précise : de mettre en vente ou en location leur bien immobilier ou de rechercher un bien qui pourrait correspondre à leurs attentes.

La profession d’agent immobilier souffre néanmoins – en Tunisie toujours  – d’un flou certain, avec certain intrus – francs tireurs (selon la terminologie empruntée aux modèles micro-économiques). Elle est encore – toujours selon le président de la Chambre syndicale des agents immobiliers – trop souvent livrée à elle-même !

Les conditions d’ouverture du marché de l’immobilier en Tunisie

Le débat a enfin porté sur les conditions d’ouverture du marché de l’immobilier en Tunisie aux étrangers. L’intervention de Maître Taoufik Chabchoub a rappelé certains points historiques importants pour mieux comprendre la situation actuelle. Le décret de 1957 a d’abord institué l’autorisation de l’administration pour l’acquisition de logement en Tunisie pour les Tunisiens et pour les étrangers. Cette autorisation a par la suite été supprimée pour les Tunisiens en 1977. Le marché de l’immobilier a été partiellement réouvert en 2005 pour les étrangers, avec la suppression de « l’autorisation du gouverneur » dans des cas biens précis : les non-résidents peuvent acquérir des terrains et non du bâti dans les zones touristiques et industrielles. Quant aux mégaprojets immobiliers, l’autorisation est du ressort du « bureau de liaison », voir du vis-à-vis administratif du promoteur, créé et investi de pleins pouvoirs dans ce domaine. Pour le reste, l’autorisation est toujours obligatoire moyennant des formalités lourdes avec 13 documents à l’appui.

M.C.M

* Pour devenir agent immobilier en Tunisie, une profession qui relève du ministère du Commerce et de l’Artisanat, il s’agit de se soumettre au cahier de charges dont les points les plus importants sont : avoir un bac + 2 minimum, se prévaloir d’une caution bancaire allant de 2 à 6 mille dinars, avoir une assurance de responsabilité civile, et une expérience professionnelle d’au moins 5 années.

immo

http://www.bourseimmo.com.tn

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2 réponses

  1. samira dit :

    Bonjour,

    J’ai rencontré M Keskes a la foire immo il y a 2 ans à Paris. J’avais alors fait la remarque de la non présence des banques et surtout s’il était possible de (avec vos séminaires et réunions avec les responsables officiels tunisiens) de supprimer l’autorisation du gouverneur. Celle-ci représente une entrave grave pour le marche immobilier, pour l’investissement et surtout la libertée d’acheter et de vendre pour nos voisins maghrébins qui sont bloqués par cette démarche pénible. Or pour beaucoup d’avocats cette législation est essentiellement verbale et n’a pas été ratifiée. On ne peut même pas l’appliquer dans les termes de loi tunisienne. Il faut sincèrement que cette autosisation du gouverneur soit supprimée dans pour que l’immobilier tunisien démarre sur de bonnes bases. Les gens auront alors plus confiance en l’administration.

  2. ben sghaier dit :

    Le décret du 04 juin 1957 concernant les opérations immobilières n’intéresse que les terrains agricoles il est mal compris et ca depuis plus de 52 ans…