Interview de Marc Borgna, directeur du groupe « Site leader immobilier »

Marc Borgna, directeur de Site leader immobilier, répond aux questions de Pierre Chappert …

Marc Borgna vous êtes directeur d’une start-up de génération Web 2.0, pouvez-vous nous parler de votre structure ?

Site leader immobilier est un portail d’annonces immobilières comme vous l’avez indiqué de la génération Web 2.0 nous proposons une diffusions libre et à bas coût aux professionnels de l’immobilier.

Notre aventure a débuté en 2005 d’une feuille blanche, nous avons réalisé des études de marché et des enquête auprès des professionnels de l’immobilier et des particuliers afin de regrouper les avis les expériences, les demandes, les possibilités, j’ai passé moi-même douze ans à la direction de plusieurs sociétés immobilières.

En septembre 2006 Site Leader Immobilier est né. Au départ nous n’avions évidemment aucun client et tout juste une centaine de visites jour. Il a fallu se battre, stabiliser nos ressources humaines en équation avec notre développement.

Se lancer dans une telle aventure c’est avant tout aimer être au combat tous les jours, car chaque matin une nouvelle personne vous explique que votre produit n’est pas bon, que vous n’allez pas y arriver, qu’il y a trop de concurrents, etc.

Site Leader Immobilier est aujourd’hui le premier portail web 2.0 des professionnels de l’immobilier, notre objectif à présent est de rentrer dans le classement des plus gros sites immobilier de France d’ici la fin 2009. Nous envisageons l’édition d’une version européenne, américaine et chinoise.

Avec la crise financière, rencontrez-vous ou avez-vous rencontré des problèmes pour lever des fonds ?

Il me semble qu’en France la levée de fond n’est prévue qu’à partir du 2ème tour de table, au premier jour de l’entreprise vos apports sont constitués de vos fonds propres ou de ceux de votre entourage.

Les banques sont inexistantes dans ce genre d’aventure, une start-up n’ayant que très peu d’éléments solides à présenter. Dans l’immobilier par exemple, un secteur que je maîtrise bien, c’est plus simple, les investisseurs se couvrent en hypothéquant le bien financé.

Pour autant nous avons obtenu quelques apports auprès de sociétés spécialisées dans le financement de star up, mais aucune n’a encore prise de participation dans notre capitale, nous ne sommes de toute façon pas réellement encore arrêtés sur la façon dont nous financerons nos prochains développements, nous sommes dans une situation de quasi équilibre et donc nous pouvons prendre notre temps.

Que pensez-vous des investisseurs Business Angel et des structures dédiées type OSEO ?

Combien même il est impossible de financer tous les projets, l’investisseur privé est frileux et ne prend pas suffisamment de risque.

Je me souviens d’une expérience où lors d’une présentation de notre projet devant une trentaine d’investisseurs, l’un d’entre eux s’est levé et m’a dit :

« Très bien, vous avez 36 ans vous êtes parti de rien et avez de bon résultat dans l’immobilier mais qui nous garanti que vous en aurez avec internet. »

Ce type n’avait que 25 ans et a fini par convaincre les autres.

OSEO finance essentiellement des projets à brique technologique, difficile à mettre en place dans le cas d’une plateforme commerciale ou de service. Des garanties bancaires sont également prévues mais les conditions d’apport et de business plan sont très strictes, voir impossibles pour de petites structures.

Nicolas Sarkozy vient de présenter un fond souverain qui sera géré par un branche de la caisse des dépôts et doté de 20Mild €, ce montant suffira-t-il pour soutenir les entreprises ?

Malheureusement toujours rien de prévu pour les start-up et les petites entreprises de moins de 10 salariés, et c’est pourtant ces entreprises qui représentent une partie du marche de l’emploi de demain.

Je tiens tout de même à souligner un parallèle intéressant, n’oublions pas qu’Internet et les NTIC représentent ¼ de l’économie mondiale contre seulement 5% du PIB de la France. C’est sans commentaires.

Même si Internet est un secteur qui reste dynamique vous semble-t-il sous la menace d’une diminution d’activité ?

Les sociétés du web 2.0 comme celle du web 1 auparavant offrent de grandes possibilités et le marché est génialement réceptif à tous ces nouveaux produits et services. Je ne pense pas que les entreprises numériques puissent être inquiétées par une récession.

On assiste à de nouvelles refontes de business model, à des concepts encore impossible il y a quelque années et à présent envisageables grâce à de nouveaux développements et des automatisations de process.

Le marché de la publicité en ligne est également en pleine croissance et les entreprises du web 2 en profitent mais cela pourrait ne pas durer et il faut faire attention à l’utopie du tout gratuit. Pour notre cas nous avons fait le choix de maintenir un abonnement payant récurent à 69€ par mois pour les professionnels souhaitant diffuser leurs annonces en illimitée.

Quel conseil donneriez-vous à un créateur qui souhaiterait se lancer dans l’aventure internet ?

Il doit se battre, il doit disposer de fond lui permettant de tenir dans le temps une ou deux années, se lancer sans expériences est risqué, une expérience de l’énergie est nécessaire, des clients dès le  début aussi et une bonne structuration des équipes.

Dans internet les choses restent simples, mais ce n’est pas tout.

Vous pouvez inventer un tee short révolutionnaire un concept géniale, mais il sera toujours très important de persévérer toujours et encore pour imposer votre marque.

Propos recueillis par Pierre Chappert.

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